Qu’est-ce que le gazon alternatif ?
Le gazon alternatif est un type d’aménagement paysager consistant à couvrir le sol avec autre chose que des graminées de gazon classique. Les végétaux qui composent cet aménagement sont des plantes couvres-sol vivaces. Celles-ci sont utilisées comme alternative au gazon pour leurs propriétés souvent plus résistantes à la sécheresse et aux maladies et dont le besoin en tonte est plus limité qu’un gazon classique.
Les différents végétaux possibles en gazon alternatif
Il existe de nombreux végétaux de gazon alternatif. Parmi les plus connus, le Zoysia tenuifolia, le Dichondra repens, l’Helxine soleiirii, le faux-Kikuyu ou encore le Lippia nodiflora.
Les espèces les plus connues sont souvent les plus utilisées car elles répondent à de nombreuses fonctions que l’on attend d’une plante qui sera piétinée, basse et verdoyante. L’exemple typique est le Zoysia tenuifolia qui, malgré sa croissance lente au départ, cumule une hauteur assez basse, une résistance au piétinement très importante et un aspect qui se rapproche le plus du gazon conventionnel. Et en plus : s’il est piétiné, il n’est pas à tondre. Seules les zones faiblement piétinée formeront de petites bosses semblables à des mousses renflées.
D’autres espèces comme l’Achillée de Crimée sont plus hautes, moins résistantes au piétinement mais apportent une touche d’originalité dans un jardin, surtout quand elles sont mélangées à d’autres espèces comme Frankenia laevis, Verbena tenuisecta ou bien le chiendent pied-de-poule aussi appelé Cynodon dactylon.


Ci-contre, une plantation d’Achillées de Crimée dans un sol brut, sans amendement et avec un arrosage à la plantation.
Les Achilea crithmifolia sont légèrement protégées par l’ombrage des frênes à fleurs.
1 an après la plantation et après un été particulièrement sec, ces plantations n’ont pas reçu d’eau depuis la plantation.
Vous devrez déjà choisir entre un gazon monospécifique ou un gazon multi-variétés. Si vous optez pour ce dernier, il est recommandé de réaliser un plan de plantations afin de déterminer quels seront les espaces les plus adaptés à chaque plante, notamment du point de vue de l’intensité du piétinement à cet endroit.
Par exemple, dans une zone largement fréquentée où vous recevez vos convives, pour les jeux d’enfants ou dans une allée menant à la maison, optez plutôt pour le chiendent hybride, le gazon des Mascareignes (Zoysia tenuifolia) ou le Zoysia japonicum qui sont particulièrement résistants au piétinement intensif. Dans des zones moins fréquentées du jardin mais exposées en plein soleil, l’Achillée de Crimée, la bruyère marine, la verveine gazonnante ou le Lippia nodiflora seront de bons atouts alliant esthétisme et résistance à la sécheresse.
Voici une liste non exhaustive de végétaux adaptés au gazon alternatif :
| Développement bas | Fleuri | Résistant sécheresse | Résistant fort piétinement |
|---|---|---|---|
| Verbena tenuisecta | Achilea crithmifolia | Cynodon dactylon | Zoysia tenuifolia |
| Dichondra repens | Frankenia laevis | Falkia repens | |
| Thymus ciliatus | Lippia nodiflora | Hieracium pillosela |
Une plantation multi-variétés sur une toiture de niche.
Au premier plan, la Verbena tenuisecta est en fleurs et s’enracine tout en commençant à retomber le long de la façade

Pour un comparatif complet, vous pouvez consulter le tableau à la fin de cet article.
Pourquoi opter pour ce type de gazon dans son jardin ?
Vous l’aurez compris, le gazon alternatif a surtout pour objectif de limiter la consommation d’eau pour votre gazon (surtout dans le sud de la France, près de Montpellier) et de proposer une esthétique différente, une alternative à l’engazonnement conventionnel. Dans la mesure où les perspectives d’arrosage de nos jardins seront revues à la baisse dans les années à venir, il apparaît plus adapté et surtout plus écologique de limiter notre consommation d’eau (et surtout, d’eau potable) pour l’arrosage du jardin.

Le temps accordé au jardin est aussi un argument de poids : bon nombre de personnes ne se rendent pas compte le temps qui est nécessaire pour garder un gazon en bonne santé. Avec le gazon alternatif, c’est surtout au début qu’il y aura du travail. Ensuite, une fois les plantes bien établies, vous pouvez faire le choix de ne pas tondre du tout et de laisser les plantes se réguler d’elles-mêmes.
La fertilisation est aussi facultative contrairement à un gazon traditionnel qui nécessite tôt ou tard un apport de nutriments complémentaires pour pouvoir continuer à se développer sainement.
La scarification et le défeutrage de votre gazon alternatif ne sont pas recommandés mais sont tout de même possibles. Là où un gazon conventionnel apprécie être défeutré, scarifié, fertilisé et resemé au moins une fois par an.

Même si vous optez pour une tonte mulching ou même une tonte robotisée de votre gazon, il faudra tout de même lui apporter vous-même des soins en continue afin de parfaire son développement et d’assurer sa survie
Enfin, l’arrosage : là où il peut être nécessaire d’arroser une à deux fois par jour votre gazon, un parterre de Zoysia tenuifolia ne nécessite qu’un à deux arrosages par semaine (si vous souhaitez le garder bien vert). Le calcul est vite vu : entre 7x et 15x plus d’eau pour maintenir un gazon traditionnel en bon état par rapport à un gazon alternatif.
L’horticulteur, pépiniériste et auteur, Olivier Filippi, rapporte dans son ouvrage, Alternatives au gazon, qu’un gazon traditionnel en Méditerranée c’est 1000L/an/m². Si vous avez 100m² de jardin recouvert de gazon, vous allez donc devoir dépenser 100m3 d’eau (potable ou d’irrigation) pour alimenter les besoins en eau de votre gazon traditionnel composé de graminées classiques. Notons au passage qu’un arrosage de 30mn par cycle sur un gazon conventionnel ne sert strictement à rien car la capacité d’absorption quotidienne est largement franchie au-delà de 7 min d’arrosage par cycle. Le reste part donc dans les nappes après avoir été puisé dans un milieu naturel, dégradant ainsi l’écosystème.
Il apparaît donc que la gestion d’un gazon alternatif à termes est beaucoup plus simple et plus durable, plus écologique que celle d’un gazon traditionnel qui lui est bien plus dépendant de la main de l’Homme.
Comment réussir la plantation de son gazon alternatif dans son jardin ?
Avant la phase travaux
- Observer votre sol
En fonction de la nature de votre sol (structure, texture, pH) vous opterez pour des plantes différentes. Certaines plantes n’aiment pas les sols trop lourds et d’autres les préfèrent.
| Structure | Texture | pH |
|---|---|---|
| Agencement des particules du sol entre elles | Taille des particules du sol | Niveau d’acidité/alcalinité du sol |
| Compact, léger, neutre | Argiles, limons, sables | Acide, neutre, alcalin |
Un sol après scarification avant plantation d’un gazon alternatif mixte
Ce sol présente des caractéristiques intéressantes pour la plantation d’un gazon alternatif: structure peu compacte et texture fine.

D’autre part, si votre sol est actuellement couvert d’un gazon ou d’autres types de végétaux, essayez de déterminer si des plantes sont particulièrement invasives dans l’espace. C’est souvent le cas des chiendents qui progressent dans des sols généralement lourds et compacts. Choisissez de les retirer ou non lors de la phase de décompaction du sol. Si vos nouvelles plantes sont trop concurrencées, elles risquent de ne pas pouvoir se développer correctement. Si vous souhaitez un parterre monospécifique ou uniquement composé des végétaux que vous souhaitez planter, il faudra procéder à un désherbage minutieux.

La prairie fleurie est une bonne solution pour des zones en gestion extensive (c’est-à-dire quasiment autonome)
- Déterminer l’exposition
En fonction de l’implantation de votre maison et des différentes structures qui l’entourent (voisins, arbres etc.) vous devriez pouvoir déterminer quelles sont les heures d’ensoleillement direct de la journée et quelles sont les moments où l’espace que vous souhaitez aménager est à l’ombre.
| Nord | Sud | Est | Ouest |
|---|---|---|---|
| Peu lumineux | Très lumineux | Lumière du matin | Lumière de l’après-midi |
| Ombre | Soleil | Soleil, mi-ombre | Soleil, mi-ombre |
| Pas de lumière directe | Beaucoup de lumière directe | Lumière directe 4 à 6h/ jour | Lumière directe 4 à 6h/ jour |
Les expositions et l’ensoleillement doivent être relativisés en fonction des éléments environnants; par exemple, une exposition plein sud peut être assombrie par un grand arbre, tandis qu’une exposition au nord dans une cour entourée de bâtiments peut limiter l’entrée de lumière. Toutefois, une exposition nord peut être avantageuse dans un jardin si les obstacles sont minimes.

Ci-contre, plantation d’un parterre de Zoysia tenuifolia au Nord.
Contrairement à ce que l’on peut penser, une exposition nord bien dégagée dans un jardin n’est pas hostile pour la plantation.
Le Zoysia tenuifolia, bien qu’appréciant les expositions lumineuses, s’acclimate parfaitement en milieu mi-ombragé ou ombragé dégagé.
- Connaître l’intensité prévue du piétinement sur la surface
Si vous avez des enfants, des animaux ou si vous recevez régulièrement des convives autour de cet espace, il faudra anticiper l’intensité du piétinement. Un Zoysia tenuifolia mature tolèrera beaucoup plus le piétinement qu’une Achillée de Crimée en floraison.
| Tolérance au piétinement | ||
| Léger | Modéré | Intensif |
| Achillée de Crimée (grande, en fleurs) | Frankenia laevis | Zoysia tenuifolia |
| Thymus ciliatus | Achillée de Crimée (petite) | Cynodon dactylon |
| Thymus serpyllum ‘Elfin’ | Hernaria glabra | Lippia nodiflora (développé) |
| Lippia nodiflora (jeune) | Hieracium pillosela | |
| Falkia repens | ||
| Dichondra repens | ||
| Verbena tenuisecta | ||

Le choix des végétaux est à adapter à la situation et au piétinement.
En bas, à gauche: La bruyère marine (Frankenia laevis) est une des plus petites alternative au gazon. En plus d’être plutôt résistante à la sécheresse une fois bien implantée, elle bénéficie d’une résistance au piétinement modéré et offre une superbe floraison rose.
Au milieu: Lippia nodiflora est une espèce caduque mais très vigoureuse qu’il convient plutôt d’installer dans de grands espaces.
En haut, à gauche, Achilea Crithmifolia qui est assez haute en fleurs mais qui peut tout à fait être tondue courte pour maintenir un tapis dense et bas
À droite, un thym doré
En haut: Le Zoysia tenuifolia qui est une des plantes de prédilection pour le gazon alternatif. Attention toutefois: elle est rhizomateuse est se développera lentement mais surement au-delà des limites qui lui sont données.
- Temps accordé pour arroser
Il est possible d’envisager un système d’arrosage automatique, cependant un arrosage manuel est recommandé au départ afin de parfaire l’implantation des racines dans le sol avec des arrosages copieux mais espacés dans le temps.
Si vous n’avez pas du tout de temps à accorder à l’arrosage des plantes nouvellement installées, alors il faudra vous en remettre à un jardinier ou à un système d’arrosage automatique.



Une fois bien implanté, un à deux arrosages par semaine sont suffisants. Ces arrosages sont plutôt des arrosages d’entretien afin de donner aux plantes ce dont elles ont besoin pour continuer leur développement. Certaines plantes se mettent en dormance estivale si il fait trop chaud ou si les conditions de sécheresse sont trop hostiles pour elles.
- Vitesse du résultat
La vitesse du résultat pour que le gazon alternatif recouvre toute la surface voulue est dépendante de nombreux facteurs :
- Densité de plantation : combien de godets souhaitez vous disposer à la plantation ? La plupart des plantes de gazon alternatif nécessite entre 8 et 10 godets par m². Cependant, vous pouvez opter pour des densités plus fortes pour un résultat plus rapide.
- Croissance des plantes choisies. Si vous optez pour du Zoysia tenuifolia, à croissance lente au démarrage, il faudra plus de temps pour recouvrir la surface. D’autres plantes comme le Lippia ou l’Achillée de Crimée, si elles sont correctement arrosées et installées dans un sol adapté, pousseront beaucoup plus vite dès la première année.
- Exposition : en fonction de l’ensoleillement, les plantes qui nécessitent plus de lumière pousseront plus vite si elles ont suffisamment de luminosité.
- Arrosage : si vous arrosez beaucoup dès la première année de plantation, vous noterez des résultats de pousse plus important que si vous arrosez à minima. Notons que la plante est attirée par l’eau pour développer ses racines. Donc si l’eau se trouve plus en profondeur (permis par des arrosage copieux mais espacés dans le temps) alors l’enracinement sera lui aussi plus profond).


Pendant les travaux
- Décompacter le sol
Ce travail consiste à ouvrir le sol pour y faire rentrer de l’air sur 20 à 30 cm de profondeur. Cela permet à la structure de se décompacter et assure aux plantes plus de facilités à développer leurs jeunes racines. Il est également plus facile de planter dans un sol entièrement décompacté.
Le décompactage n’est pas un bêchage. Contrairement aux idées reçues, le bêchage n’est pas une bonne solution pour le sol pour plusieurs raisons. En effet, le sol est refuge de bon nombre de bactéries anaérobies qui ne sont pas faites pour se retrouver en milieu oxygéné. L’action de bêcher inverse littéralement les strates du sol et cela a un effet délétère sur les bactéries du sol.

Ici, nous parlons bien de décompactage et non de bêchage. Décompacter c’est ouvrir le sol en faisant levier sans retourner la motte.
Utilisez une fourche-bêche, une grelinette ou même une bêche en la plantant dans le sol. Faites levier avec votre bras pour remonter la motte et scindez la en plusieurs morceaux. Poursuivez sur l’ensemble de la surface souhaitée.
Il est préférable de pratiquer cette technique sur des sols légèrement humides. En été, quand le sol est très sec et si la structure est compacte et la texture argileuse, cela sera plus difficile.
Vous avez aussi la possibilité d’attendre une journée une fois la motte « relevée » pour la scinder plus tard. Elle sera normalement plus facile à fragmenter.
Technique alternative pour de grandes surfaces : à la mini-pelle, le principe est le même : plantez le godet dans le sol et relevez simplement le bras pour sortir la motte. Répétez l’opération en évitant de déplacer l’engin sur les zones décompactées.



- Épierrage du sol
Retirez les pierres qui mesurent plus de 5cm de diamètre afin qu’elles ne représentent pas un obstacle et un nombre trop important dans le sol de votre gazon alternatif. Une présence de pierre trop importante c’est d’autant plus de volume inaccessible pour les plantes en plus d’être des obstacles à la progression racinaire.

- Désherber rigoureusement
Une fois le sol décompacté, les racines des adventices seront beaucoup plus faciles à retirer. De préférence par temps légèrement humide, désherbez méticuleusement en retirant les racines le plus possible. N’hésitez pas à griffer un peu le sol pour le décompacter un peu plus finement afin de mettre en évidence les adventices.
Ci-contre un sol presque nu après passage d’un scarificateur.
Il est difficile de désherber davantage une surface comme celle-ci car les racines ne sont pas accessibles.
Il est préférable de retirer peu à peu les racines lors de la phase de décompaction du sol afin de limiter la repousse des adventices après plantations.Un sol correctement désherbé au moment du travail du sol génèrera moins de travail de désherbage après plantations.

Si vous constatez que votre sol est sujet à un enherbement invasif comme le chiendent, vous pouvez opter pour une couverture de la surface avec du carton ou une épaisse toile plastique afin de couper la lumière. Au bout de 6 mois, vous constaterez que la plupart des adventices ont disparues. Continuez en désherbant finement le sol décompacté afin de retirer les racines récalcitrantes.

- Apporter de la matière organique
Sur sol pauvre, où à la structure est à tendance compacte, il peut-être intéressant d’apporter de la matière organique (amendement) type terreau de feuilles, fumier bien décomposé, compost mûr ou tout autre matière destinée à améliorer le sol pour qu’il bénéficie d’une structure plus équilibrée et un peu plus perméable. Ce que l’on cherche ici ça n’est pas tant à enrichir le sol mais vraiment à corriger cette structure un peu hostile pour de jeunes plantes dont les racines sont encore faibles. L’action d’amender le sol aura tôt ou tard un effet bénéfique sur les plantations d’où l’intérêt d’améliorer le sol pour améliorer la croissance des végétaux qui s’y trouvent.

- Nivellement du sol
Une fois les travaux ci-dessus achevés, poursuivez en nivelant finement le sol avec un râteau ou une griffe, comme si vous tiriez un gazon. Si vous avez une pente sur votre terrain, n’allez pas à l’encontre de celle-ci mais adoucissez-la plutôt afin de ralentir le ruissellement de l’eau lorsqu’il pleut ou que vous arrosez.



- Sélection et qualité des végétaux choisis
Le choix des végétaux est un critère essentiel dans la réussite de votre plantation. Voici quelques facteurs qui permettent de différencier un végétal bien cultivé prêt à être planté d’un autre.
Importation ou culture locale ?
Si votre plante a traversé la France, l’Europe ou pire encore pour venir jusque dans votre jardinerie méfiez-vous car les conditions d’une bonne reprise ne sont pas toujours garanties. Combien de temps depuis la collecte chez le producteur ? Combien de temps dans le camion transporteur ?
Combien de temps sans lumière ? Dans quelles conditions climatiques ont-ils été transportés ? Votre vendeur en pépinière ne pourra pas toujours vous renseigner de façon exacte sur l’origine du végétal qu’il vous présente. Pour cela, préférez les horticulteurs et producteurs locaux car il en existe toujours à côté de chez vous et demandez-lui comment il a fait pousser sa plante. S’il est passionné, il sera sans doute ravi de vous expliquer comment il a procédé.
Pour résumer : il faut donc distinguer le producteur du revendeur car même si leur finalité reste de vous vendre des plantes, il y en a un qui a fait tout le nécessaire pour qu’elle pousse dans des conditions optimales tandis que l’autre a importé le végétal d’ailleurs pour vous le présenter en jardinerie. Le processus est différent et cela change beaucoup de choses…
Le niveau d’enracinement global
Observez d’abord le godet de l’extérieur et plus particulièrement par-dessous : est-ce qu’il y a un léger débordement racinaire sous le godet ? Alors c’est bon signe, cela peut signifier que l’enracinement est suffisant pour garantir de bonnes conditions de reprise. Si le système racinaire est fort alors il sera disponible pour alimenter le feuillage et poursuivre sa prospection dans le sol que vous lui offrez.
Au contraire, si vous sortez la plante de son godet et que toute la terre se délite et tombe, cela peut signifier que la plante est encore trop jeune pour être plantée. Un niveau d’enracinement trop faible aura pour effet une reprise plus faible et une sensibilité au manque d’eau accrue.
La taille du godet
Généralement vendus en godets de 8cm il peut y avoir des godets de 0,5L anti-chignon qui sont choisis par les producteurs. Ceux-ci garantissent un enracinement plus fort et plus important en plus de limiter le phénomène de chignon racinaire.
Sécheresse du godet
Si le godet est sec, mieux vaut être prudent. Est-il bien arrosé, s’agit-il d’un oubli ? Si votre plante a manqué d’eau il se peut qu’arrivé dans votre jardin elle dépérisse rapidement. Les jeunes plants ont besoin d’une relative fraîcheur et sont plus sensibles, y compris hors-sol, à la sécheresse.

Niveau de terreau dans le godet
Si vous apercevez les racines en observant par-dessus le godet, alors peut-être n’a-t-il pas suffisamment de terreau. Cela peut entraîner un stress supplémentaire. Préférez un godet avec un niveau de terreau suffisant.
L’aspect du feuillage
Si le feuillage vous semble un peu séché, les feuilles rétractées, alors votre plante a peut-être subit un manque d’arrosage ou un excès d’eau lors de sa culture. Préférez des plantes en bonne santé avec un bel aspect.
- Plantation: la bonne époque pour planter
« La plupart des végétaux vivaces se plantent de l’automne au printemps. Certains horticulteurs vous diront même qu’ils peuvent être plantés toute l’année.«
C’est vrai mais c’est faux !
Ce que l’on cherche ici c’est que la plante puisse assurer sa bonne reprise et cela commence… par les racines. Donc, si on installe la plante à l’automne et avec une bonne gestion en eau (surtout pas d’excès) on améliore l’enracinement pour la rendre plus forte au printemps (reprise et pousse) et surtout pour l’été qui suit la plantation (stress important, sécheresse, températures…).
Sur ce principe, il est préférable de procéder à vos plantations au début de l’automne quand le sol est encore légèrement chaud. Vous pouvez éventuellement procéder au tout début du printemps mais gardez en tête que les besoins en eau seront de plus en plus importants au fur et à mesure que vous avancez vers la saison chaude.
Personnellement c’est un risque que je ne souhaite pas prendre : la plante est stressée, elle fait ses feuilles, ses fleurs et ses tiges alors qu’elle ne dispose pas encore d’un système racinaire suffisant. Premier coup de chaleur si l’arrosage n’a pas été rigoureusement réglé et c’est rideau ! On jette et on recommence…
- Plantation: technique
La plantation des végétaux de gazon alternatif est relativement simple. Utilisez un transplantoir (petite pelle à main) pour réaliser un trou à peine plus grand que celui de votre motte. Placez la motte dans le trou puis calez la motte avec la terre issue du trou. Tassez légèrement avec vos mains et le tour est joué.
Si vous n’avez pas beaucoup de végétaux à planter, prenez le temps de réaliser une petite cuvette tout autour de la plante afin de garantir que l’eau d’arrosage aille directement aux racines de la plante lorsque vous arroserez. Cette cuvette consiste à retenir l’eau autour de la plante.
Préférez les plantations en quinconce qui consiste à disposer les plantes en ligne avec une alternance décalée entre deux lignes.

Ici: de gauche à droite, Dichondra repens, Achilea crithmifolia et Verbena tenuisecta
Après les travaux
- Arrosage
Après plantation, arrosez de façon à finir de caler vos mottes dans le sol. Vous pouvez laisser sécher quelques temps entre deux arrosages mais assurez-vous que cela n’affecte pas trop les jeunes plantes qui s’y trouvent.
Après plantation
Maintenir frais jusqu’au début du printemps
Premier printemps
un arrosage par semaine, toujours sans laisser trop sécher
Premier été
Un arrosage par semaine voire plus en fonction des conditions de sécheresse et de l’exposition
Automne +1an
Maintenir le sol frais en prenant en compte la pluviométrie et les températures
à partir de la deuxième année
Un arrosage toutes les deux semaines au printemps et une fois par semaine en été
Dans tous les cas:
ne pas laisser trop sécher entre deux arrosages
si le feuillage commence montrer des signes de dessèchement.
Arroser copieusement plutôt qu’un peu tous les jours
- Griffage du sol
Afin de maintenir une perméabilité du sol et de limiter la repousse des adventices, il est conseillé de réaliser un griffage régulier du sol. Pour cela, utilisez une petite griffe et griffez vers l’avant en poussant la terre sans la déplacer. Attention aux racines superficielles et aux rhizomes comme le Zoysia tenuifolia qui pourraient être coupées.

- Désherbage régulier
Les deux premières années et surtout la première, l’idéal est de désherber régulièrement afin de laisser place aux végétaux que vous avez choisi d’installer. Il sera d’autant plus difficile de désherber une fois que le gazon alternatif aura recouvert la surface car les adventices les plus résistantes continueront de pousser à travers le tapis. Pour cela, désherbez à la racine toutes les plantes que vous ne souhaitez pas. Si vous souhaitez un gazon alternatif plus varié, laissez celles qui vous intéressent sans qu’elles ne fassent trop de concurrence aux plantes nouvellement installées.

Implantés il y a un an, on devine que les Zoysias n’ont peut-être pas reçu assez d’eau pour garantir un développement
plus important
- Le premier été : un moment crucial dans la survie d’un jeune gazon alternatif
Quels sont les outils nécessaires pour aménager un gazon alternatif ?
| Outil | Photo | Utilité |
|---|---|---|
| Râteau | ![]() | Ratisser les pierres, niveler, briser les plus petites mottes |
| Bêche | | Décompacter le sol, fragmenter les grosses mottes de terre |
| Fourche-bêche | | Décompacter les sols avec peu de pierres et de racines |
| Grelinette | | Décompacter les sols tendres, déjà travaillés |
| Griffe | | Fragmenter les mottes de terres et niveler le sol |
| Pelle terre | ![]() | Disperser l’amendement organique, déplacer la terre |
| Fourche à cailloux | | Filtrer la terre, les racines des cailloux à évacuer |
| Transplantoir | Planter les godets | |
| Seau | | Transporter l’amendement, évacuer les déchets |
| Brouette | | Transporter, mélanger, évacuer |
Quelques exemples de gazons alternatifs sur le terrain
Tableau récapitulatif de quelques espèces de gazon alternatif méditerranéen
Voici un tableau comparatif des plantes que vous avez mentionnées, avec des informations sur leur capacité à résister au piétinement, à la sécheresse et leur hauteur à maturité :
| Espèce | Piétinement | Résistance à la sécheresse | Hauteur à maturité |
| Zoysia tenuifolia | Bonne résistance (modérée) | Très bonne | 5 à 10 cm |
| Achillea crithmifolia | Faible | Bonne | 10 à 15 cm |
| Dichondra repens | Bonne résistance (modérée) | Moyenne | 3 à 5 cm |
| Verbena tenuisecta | Moyenne | Bonne | 10 à 15 cm |
| Frankenia laevis | Faible | Très bonne | 5 à 10 cm |
| Cynodon dactylon | Très bonne | Très bonne | 3 à 8 cm |
| Thymus ciliatus | Faible | Très bonne | 5 à 10 cm |
| Thymus serpyllum ‘Elfin’ | Moyenne | Très bonne | 3 à 5 cm |
| Hernaria glabra | Bonne résistance (modérée) | Bonne | 3 à 5 cm |
| Lippia nodiflora (développé) | Très bonne | Très bonne | 5 à 10 cm |
| Lippia nodiflora (jeune) | Moyenne | Moyenne | 3 à 5 cm |
| Hieracium pilosella | Bonne résistance (modérée) | Très bonne | 5 à 10 cm |
| Falkia repens | Faible à moyenne | Bonne | 3 à 5 cm |
Légende :
- Piétinement :
- Faible : Sensible au passage fréquent.
- Moyenne : Supporte un usage modéré.
- Bonne résistance : Peut tolérer un piétinement fréquent.
- Très bonne : Parfaite pour les zones intensément utilisées.
- Résistance à la sécheresse :
- Moyenne : Nécessite un arrosage occasionnel.
- Bonne : Résiste bien à des périodes de sécheresse.
- Très bonne : Idéal pour les régions chaudes et arides.
- Hauteur à maturité : Hauteur approximative des plantes une fois pleinement développées, en fonction des conditions de culture.
FAQ : Bien choisir son gazon alternatif
Retrouvez toutes les questions de la FAQ en déroulant les réponses dans l’encart ci-contre
Pour remplacer un gazon classique, des plantes comme Zoysia tenuifolia, Dichondra repens, ou encore Lippia nodiflora sont idéales. Elles forment une couverture végétale résistante, esthétique et facile à entretenir. D’autres options incluent des espèces fleuries comme Verbena tenuisecta ou des couvre-sols tels que Thymus serpyllum ‘Elfin’ et Achillée de Crimée.
Absolument ! Des plantes comme Cynodon dactylon, Zoysia tenuifolia et Thymus ciliatus tolèrent parfaitement des expositions prolongées au soleil. Elles résistent à la chaleur tout en restant agréables sous les pieds.
Pour un jardin ombragé, des végétaux comme Dichondra repens, Frankenia laevis ou encore Hernaria glabra s’épanouissent bien. Ils forment un tapis dense et esthétique, même avec peu de lumière directe.
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Si votre gazon doit supporter des passages réguliers, optez pour des plantes robustes comme Lippia nodiflora (développé), Cynodon dactylon ou Hieracium pilosella. Ces espèces sont idéales pour des jardins vivants et dynamiques.
Oui, et c’est magnifique ! Les variétés comme Achillea crithmifolia (Achillée de Crimée), Verbena tenuisecta, ou encore Falkia repens ajoutent des touches de couleur tout en nécessitant peu d’entretien.
Si vous cherchez une texture douce et agréable, pensez à Zoysia tenuifolia, connu pour sa finesse et son aspect soigné. Pour une alternative fleurie, Thymus serpyllum ‘Elfin’ est une option charmante.
Dans des régions où l’eau est rare, des espèces comme Thymus ciliatus, Hieracium pilosella, ou Frankenia laevis sont particulièrement adaptées. Elles tolèrent bien la sécheresse tout en offrant un bel aspect naturel.
Bien sûr ! Associer des végétaux comme Dichondra repens, Lippia nodiflora et Achillée de Crimée permet de créer une couverture végétale diversifiée, plus esthétique et encore plus résistante aux variations climatiques.
Vous voulez un jardin sans tracas ? Les plantes comme Zoysia tenuifolia, Falkia repens, ou encore Lippia nodiflora (jeune ou développé) demandent très peu d’arrosage et ne nécessitent quasiment pas de tonte.
Préparez d’abord le sol en retirant les adventices et en nivelant la surface. Ensuite, semez ou plantez des espèces comme Dichondra repens ou Lippia nodiflora, arrosez régulièrement jusqu’à ce qu’elles s’enracinent, puis profitez de votre nouvelle pelouse écologique.
Cela dépend des espèces choisies. Par exemple, Zoysia tenuifolia peut mettre jusqu’à un an pour se densifier complètement, tandis que des plantes comme Lippia nodiflora ou Dichondra repens s’installent en quelques mois.
Vous souhaitez un jardin qui accueille les pollinisateurs ? Les espèces fleuries comme Verbena tenuisecta, Achillée de Crimée, ou encore Thymus serpyllum ‘Elfin’ attirent abeilles et papillons tout en embellissant votre espace.
Oui, mais il faut les adapter au climat local. Par exemple, Zoysia tenuifolia et Cynodon dactylon sont parfaits pour les climats chauds, tandis que Frankenia laevis et Hernaria glabra s’adaptent aux climats tempérés.
Oui ! Les plantes comme Thymus serpyllum, Lippia nodiflora et Verbena tenuisecta peuvent facilement se mélanger avec des massifs fleuris pour un jardin harmonieux et attrayant.
Avec des plantes comme Zoysia tenuifolia, Lippia nodiflora et Dichondra repens, vous obtenez une couverture esthétique, résistante, économique en eau et respectueuse de l’environnement. Vous profitez ainsi d’un jardin beau et durable, avec un minimum d’efforts !
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter ces articles en lien avec l’article de gazon alternatif que vous venez de lire
Synthèse
Le gazon alternatif est un moyen de recouvrir le sol de votre jardin de façon écologique et responsable. Les besoins en eau sont nettement plus réduits que ceux d’un gazon traditionnel composé exclusivement de graminées. La tonte est plus limitée voire totalement dispensable par rapport à un gazon.
La technique de préparation du sol est sensiblement la même que pour un gazon, c’est surtout au moment de la plantation que les choses changent : on ne sème plus mais on plante (même s’il est possible de trouver des graines de gazon alternatif).
Au final, c’est au bout de deux années que vous pourrez vraiment constater que le gazon alternatif gagne en autonomie et que vous vous en occupez de moins en moins. Économisant ainsi du temps, de l’argent mais surtout de l’eau.








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