EURL De la graine au jardin  Montpellier (34 - Hérault) Siret n°: 88128837700024 - E.U.R.L. au capital de 3000€

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Biodiversité

L'allélopathie: quand les végétaux désherbent pour vous

26/09/2022

L'allélopathie: quand les végétaux désherbent pour vous

L’allélopathie : quand les végétaux désherbent pour vous

L’allélopathie est un ensemble de phénomènes biochimiques qui favorisent ou défavorisent l’apparition de plantes alliées ou concurrentes autour de la plante émettrice de ces phénomènes. Derrière ce nom scientifique un peu archaïque se cache en fait un système naturel et complexe. Les plantes utilisent des stratégies particulièrement efficaces pour repousser ou favoriser d’autres plantes concurrentes ou alliées. Ce phénomène est le résultat de plusieurs millénaires d’évolution, de sélection naturelle qui ont donc conduit certaines plantes à devenir dominantes.

Il existe l’allélopathie positive qui encourage l’apparition de végétaux autour de la plante émettrice.
L’allélopathie négative inhibe l’apparition de plantes concurrentes. Les facteurs dits biotiques comme les nutriments, la température, le pH, ont une influence sur la capacité allélopathique des plantes. Nous parlerons ici de l’allélopathie négative dans l’intérêt qu’elle a d’aider le jardinier dans la réalisation et l’entretien de son jardin.

 


L’allélopathie peut se manifester de plusieurs façon :

Paillage naturel:
Tout autour d’elle, la plante est capable de déposer naturellement un paillis organique dans le but d’inhiber la végétation autour d’elle. C’est le cas du Pin par exemple dont le paillage naturellement libéré par l’arbre ne laisse pas la possibilité à beaucoup de plantes de passer au travers. Néanmoins, les Iris, bulbeuses, le brachypode, parviennent à résister pour pouvoir se développer malgré la présence de ce paillage épais et étouffant pour beaucoup de plantes.

D’autres plantes comme les Cistes ont la même capacité : il est assez rare de voir des plantes adventices au pied des Cistes.

Émission de substances:
Au travers des feuilles, des racines, la plante émet des substances biochimiques afin de repousser l’apparition de ses concurrentes. Véritable herbicide naturel, ces plantes ont choisi une stratégie bien plus efficace que les produits phytosanitaires créés par l’Homme. Tant que la plante est présente et en bonne santé, de préférence adulte, elle empêche la germination des adventices tout autour d’elle.  C’est le cas des cistes, lavandes, romarins, thyms. Vous l’avez peut-être déjà remarqué au jardin ou dans leur milieu naturel : peu de plantes se trouvent sous ces végétaux allélopathiques. Ces plantes peuvent être très utiles au jardin dans des fréquemment visitées car elles permettent de limiter le désherbage et garantissent un décor esthétique toute l’année.

Vitesse de croissance:
Sans parler de substance ou de stratégie de vouloir nuire à d’autres plantes, certains végétaux, de par leur facilité et leur rapidité à coloniser les espaces, pourraient être décrites comme des plantes aux vertus allélopathiques. Les cistes germent en grand nombre après le passage du feu afin de reprendre le plus rapidement possible possession de l’espace. Le chiendent est capable d’envahir de grands espaces étant donné sa capacité d’adaptation ubiquiste, adapté à (presque) toutes les situations. Son système rhizomateux très dense et profond ne laisse que peu de chances à d’autres petites adventices herbacées d’apparaître. Les bambous traçants comme le bambou doré (Phyllostachys aurea) sont capables de coloniser de larges zones sans aucune limite en inhibant la présence de presque tous les végétaux ; ces plantes ont donc une stratégie qui leur permet d’inhiber l’apparition de plantes concurrentes. D’ailleurs, le bambou traçant cumule plusieurs stratégies allélopathiques : vitesse de croissance (plusieurs dizaines de centimètres par jour, système racinaire à la fois superficiel, puissant et suffisamment profond pour inhiber une bonne partie des plantes aux racines peu profondes mais aussi paillage naturel important qui inhibe l’apparition et la possibilité aux graines de pouvoir germer.

Quel est l’intérêt d’avoir des plantes allélopathiques (négativement) dans son jardin ?
L’intérêt est surtout de limiter les travaux d’entretien du jardin. Ratissage des feuilles, désherbage, arrosage, apport de matière organique sont autant de tâches qui sont de toute façon néfastes au jardin, voire même contre-productive dans le cas d’un jardin allélopathique.
En imaginant que votre sol soit correctement désherbé en amont de la plantation, bien préparé et décompacté, vous n’aurez quasiment rien à faire au jardin si toutes vos plantes s’équilibrent bien entre elles et qu’elles ne se nuisent pas.

Existe-t-il un risque que des plantes allélopathiques ne s’entendent pas entre elles ?
Oui, c’est certain. Au même titre que des associations au potager peuvent s’avérer infructueuses (vecteur d’insectes parasites ou de champignons, captation des nutriments du sol, inhibition des plantes concurrentes). Il existe des associations bien connues qu’il ne faut pas faire au jardin. En revanche, pour le jardin d’agrément, les informations sont plus difficiles à trouver car il existe de nombreuses plantes ornementales et toutes les tester entre elles relèverait d’un défi important.

Le mieux est encore d’essayer. Essayez d’associer des lavandes avec des immortelles, des cistes avec des sauges, par exemple. Dans le cas de plantes de gazon alternatif, vous pouvez même essayer d’associer des Achilées de Crimée avec du Gazon des Mascareignes par exemple. Pour avoir expérimenté ces associations, il n’y a pas de contre-indication à associer ces végétaux entre eux. Ce sont des plantes qui s’entendent bien entre elles et qui, à terme, peuvent former des parterres harmonieux et esthétiques. Voir article Gazon alternatif.

Comment savoir si les capacités allélopathiques de mes végétaux fonctionnent ?
Le mieux c’est de laisser faire et d’attendre en observant régulièrement. Tailler la plante seulement si c’est nécessaire mais laissez opérer le paillage naturel qui se dépose au fil des saisons. Ne ramassez pas ce que la plante disperse naturellement autour d’elle.

De la même manière, assurez-vous lors de la plantation que le sol est suffisamment décompacté afin de favoriser des vertus allélopathiques d’origine racinaire : si la plante parvient à s’enraciner correctement, elle opérera mieux. Beaucoup de végétaux méditerranéens allélopathiques apprécieront bénéficier d’un sol décompacté et bien drainé.
Attendez que la plante atteigne sa taille adulte pour juger de son efficacité allélopathique. On ne peut pas exiger d’une lavande de quelques centimètres de haut d’inhiber aussi efficacement ses concurrentes que si elle avait sa taille adulte.
Enfin, dans l’attente que la plante devienne adulte, assurez-vous que des adventices trop envahissantes n’apparaissent pas en surnombre. Par exemple, un chiendent trop imposant ne disparaîtra pas comme par enchantement, même une fois que la plante allélopathique sera devenue adulte. Assurez-vous de désherber suffisamment dans les premiers temps qui suivent la plantation.


Quelques exemples de végétaux méditerranéens allélopathiques (négatifs) :

Artémise

Millepertuis
Achilée Laurier sauce
Ballota Lavande
Brachypode Myrte
Centaurée Laurier rose
Ciste Origan
Cataire Sauge d'Afghanistan
Euphorbe Sauge de Jérusalem
Lierre Pistachier
Immortelle Romarin
Piloselle Sauge
Santoline Tanacetum
Epiaire Germandrée
Thym  

 



En conclusion, l’allélopathie négative est un phénomène utile mais encore méconnu du grand public. Pourtant, ses vertus sont non négligeables pour le jardinier qui s’affaire à entretenir son jardin, pensant parfois à tort que l’hygiène de son jardin est le maître mot. Il n’existe pas de jardin propre car il n’existe pas de jardin sale. Comme le dit le jardinier Gilles Clément : « Le mieux, c’est de laisser faire » et c’est d’autant plus vrai dans le cadre d’un jardin allélopathique.

Le gazon alternatif

26/07/2022

Le gazon alternatif

Nous connaissons tous le gazon romantique anglais. De fins brins verts, cette sensation agréable à la foulée. Cet aspect molletonné. Généralement tondu court, propice aux jeux, à la détente et la relaxation, le gazon agit dans notre inconscient collectif comme synonyme de tranquillité. C’est le symbole des jardins que nous connaissons tous.

Pourtant, il semble que cette époque soit révolue, notamment en Méditerranée. Consommation gigantesque en eau, besoins d’engrais, traitements pour les champignons, désherbants sélectifs, tontes régulières. Avoir un gazon bien vert et « en bonne santé » en Méditerranée est en fait le résultat d’une lutte acharnée contre le climat et la Nature.



Qu’est-ce qu’un gazon alternatif ?
C’est une gamme variée de plantes couvre-sol destinées à remplacer le gazon conventionnel semé ou plaqué et dont les besoins en matière d’entretien sont beaucoup moins nécessiteux que le gazon conventionnel.

Le gazon alternatif se positionne différemment et prend en compte les facteurs environnementaux actuels afin de vous proposer une couverture du sol tout comme le ferait un gazon conventionnel.
Il se compose de plusieurs plantes naturellement de petites tailles (de 10 cm à quelques millimètres de haut).  

 

Gazon alternatifLes plantes de gazon alternatif sont généralement conditionnées en godets
De gauche à droite: Bruyère marine, Achilée de Crimée, Lippia, Gazon des Mascareignes et Thym rampant


 


Les avantages du gazon alternatif:

Résistance à la sécheresse
Ces plantes ont la capacité de résister au manque d’eau et à la chaleur. Si le système racinaire est correctement installé, elles bénéficient de l’eau qui se trouve plus bas sous terre afin d’aller y prélever la fraîcheur. A la surface, ce sont diverses stratégies que ces plantes mettent en place afin de traverser l’été sans encombre.

Faibles besoins en eau
Les plantes de gazon alternatif nécessitent 50% d’eau en moins qu’un gazon traditionnel. Il est même possible de ne pas arroser du tout une fois les plantes correctement installées. Elles se mettront alors en dormance estivale et reverdiront aux premières pluies automnales.

Pas (ou peu) de tontes
Vous pouvez faire le choix de ne pas tondre du tout votre gazon alternatif. Il est cependant recommandé de tondre 2 à 3 fois par an ou tous les mois (hors période canicule) afin de favoriser le développement horizontal des plantes.

Pas besoins d’engrais
Le gazon alternatif se compose essentiellement de plantes de sols pauvres et drainés. Elles ne nécessitent donc pas d’engrais de façon récurrente comme cela pourrait être le cas du gazon traditionnel (1 à 2 fertilisation par an). Néanmoins, apporter de la matière organique (fumier, compost, terre végétale amendée) une fois par an à l’hiver peut favoriser le redémarrage de la végétation au printemps.

 

Cascade de LippiaLe lippia a la faculté de recouvrir rapidement de grandes surfaces. Il fleurit au printemps pour le plus grand plaisir des pollinisateurs


Aucun traitement
La plupart des plantes de gazons alternatifs ne connaissent que peu de ravageurs et de maladies.
Aucun traitement préventif ou curatif n’est donc nécessaire.
Adaptation au climat méditerranéen
Ces plantes sont parfaitement adaptées au climat méditerranéen : doux en hiver et très chaud et sec en été. Ce qui n’est pas le cas du gazon anglais, y compris les mélanges sport, rustique ou terrain sec qui n’offrent que des résultats médiocres en termes de durabilité.

Résistance au piétinement
Certaines plantes de gazon alternatif sont particulièrement adaptées au piétinement intensif (jeux d’enfants, jeux de ballons). Le Zoisya tenuifolia a l’avantage d’être molletonné une fois bien en place ce qui le rend très agréable à être foulé nus pieds.
D’autres plantes résistent modérément au piétinement, il conviendra donc de les installer à des endroits où le passage est moins intensif.

 

Trio gazon alternatfi


Panel varié de plantes vivaces persistantes et fleuries
C’est un des avantages que tous les amoureux des plantes apprécieront : votre gazon a la capacité de fleurir, de changer d’aspect au fil des saisons et de persister même l’hiver. Il s’agit juste de le tondre au bon moment afin de ne pas risquer d’altérer la floraison.

Durabilité et écologie
Ces plantes ont la faculté d’attirer une biodiversité bien plus variée que le gazon conventionnel. Le fait de pouvoir mélanger plusieurs espèces différentes accroît considérablement la capacité d’accueil de la biodiversité. La durabilité est également beaucoup plus longue sur ce type d’aménagement de sol car les plantes sont vivaces et adaptées au climat et au sol, généralement pauvre, dans lequel elles sont installées.

Un gain de temps considérable
Enfin, c’est un gain de temps pour celui qui profite de cet aménagement. Tous les éléments évoqués ci-dessus détaillent bien pourquoi c’est un gain de temps. L’entretien est tout simplement moins chronophage pour celui qui profite de son gazon alternatif.

 

 

gazon alternatif préparation
Un gazon alternatif en préparation

 


Avant de conclure, voici une liste non-exhaustive de plantes utilisées pour le gazon alternatif:

- Zoysia tenuifolia: forte ressemblance avec le gazon, excellente résistance au piétinement
- Frankenia laevis: très petite taille, bonne capacité d'installation et changement de couleur au fil des saisons
- Achilea crithmifolia: belle vivace rhizomateuse au feuillage duveteux, bonne vitesse d'installation
- Lippia nodiflora: très forte capacité à coloniser de grands espaces, plantes mellifère
- Thymus hirsutus: belle floraison
- Verbena tenuisecta: belle floraison et bonne résistance à la sécheresse
- Cynodon dactylon 'Santa Ana': aspect ressemblant au gazon, belle apparence en dormance estivale



Vous l’aurez compris, le gazon alternatif, même s’il est encore peu connu du grand public, prendra dans l’avenir une place de choix pour tous ceux qui disposent de petites surfaces qu’ils souhaitent végétaliser avec autre chose qu’un gazon conventionnel ou artificiel. Ses avantages non-négligeables et ses facultés d’adaptation au climat méditerranéen sauront séduire tous ceux qui souhaitent bénéficier d’un gazon, les contraintes en moins.



Pour plus d’informations, je vous invite à visiter le site de la pépinière Filippi qui expose quelques plantes de gazon alternatif que vous pourriez envisager dans votre jardin.
Pépinières Filippi - Gazon alternatif


Bien choisir ses végétaux en Méditerranée

18/01/2022

Bien choisir ses végétaux en Méditerranée

Les végétaux adaptés au climat méditerranéen sont nombreux et pourtant souvent méconnus du grand public ou du particulier qui souhaite se lancer lui-même dans l’aménagement de son jardin. Les botanistes, horticulteurs, pépiniéristes et paysagistes travaillent à sélectionner les variétés les plus adaptées au climat en Méditerranée. Ces plantes doivent répondre à plusieurs critères inhérents à la zone géographique dans laquelle elles doivent être plantées. Quelques pistes pour bien choisir ses plantes :

 

 

  • Résistance à la sécheresse
    Les enjeux actuels poussent les acteurs du paysage à repenser la nature de leurs aménagements et donc les végétaux qu’ils sont susceptibles de proposer à leurs clients. Des études récentes prouvent que la flore issue d’Afrique du Nord migre naturellement vers le sud de la France. De la même manière, la flore issue de notre région méditerranéenne se déplace visiblement vers le centre de la France. C’est le cas des chênes qui sont moins visibles qu’auparavant dans notre région. Ceux-ci se sont déplacés vers le centre de la France.
    Ces migrations végétales démontrent donc que le climat change et que les végétaux s’adaptent et qu’il faut désormais penser différemment la diversité végétale que nous souhaitons voir dans nos jardins. Bonne nouvelle ! La flore méditerranéenne est l’une des plus riche de la planète et sa diversité est sans cesse étendue par les explorateurs botanistes qui identifient de nouvelles variétés, en croisent d’autres, afin de proposer des végétaux résistants à des conditions climatiques devenues hostiles pour les plantes que nous avions l’habitude d’installer il y a 10 ans dans nos jardins.
    Désormais, il faut plutôt observer ce qui pousse aujourd’hui en Afrique du Nord, au Mexique, dans les climats semi-désertiques ou arides pour savoir ce que nous pourrions envisager de planter dans nos jardins.

    Sol sec pissenlit

 

Le sol est un critère fondamental pour le choix des plantes que vous devez faire. Particulièrement sec en été, ce sol ne laisse place qu'à un pissenlit



  • Rusticité
    Le pourtour méditerranéen n’est pas connu pour ses hivers particulièrement hostiles à la nature des plantes qui s’y trouvent. Pourtant, il arrive que nous connaissions des phases courtes de gel qui peuvent nuire aux jeunes végétaux ou à ceux qui ne supportent pas du tout le froid hivernal, le gel (non-rustiques). C’est donc un critère essentiel de proposer des végétaux adaptés à des hivers qui peuvent être froids pour ne pas avoir à s’inquiéter du bon développement de ses plantes ou que leur entretien durant l’hiver ne soit pas une contrainte (abriter, couvrir, tailler pour éviter de geler les feuilles).
    Il faut donc pouvoir veiller à proposer des végétaux rustiques qui ne sortent pas blessés de leur phase de dormance hivernale. Beaucoup de végétaux méditerranéens ont des stratégies d’adaptation aux périodes de froids plus intenses que la norme, y compris résistants au gel.

 

 

Gel au jardin myrtillierIl arrive que le gel survienne, même en région Méditerranée. Certains végétaux y sont résistants, d'autres non

 

 

  • Tolérance à un sol humide durant l’automne et l’hiver
    L’automne et l’hiver sont des périodes humides et venteuses auxquelles certains végétaux ne peuvent rien. Il s’agit donc de sélectionner des végétaux qui peuvent supporter de se retrouver dans des sols ressuyés d’eau durant l’automne ou l’hiver sans qu’ils ne pourrissent et ne repartent pas au printemps. Par exemple : certaines variétés de lavandes sont rustiques mais ne supportent pas de se retrouver dans des sols mal drainés et gorgés d’eau en hiver. Elles pourrissent donc durant l’hiver car leurs racines superficielles ne peuvent pas prospecter suffisamment bas pour éviter l’eau en excès. Les lavandes apprécient les sols particulièrement drainés qui laissent filer l’eau au niveau des racines. Il existe deux possibilités : rendre le sol particulièrement drainant si votre palette végétale l’exige. Cette opération est souvent coûteuse en temps et en argent. Ou bien, déterminer les plantes qui peuvent s’adapter au mieux dans le sol dont vous disposez. En sélectionnant des variétés résistantes à l’excès d’eau durant les périodes froides, vous écartez tout risque pour votre plante qu’elle ne pourrisse sans jamais repartir au printemps.

 

 

 

Perce-neigeLe perce-neige apparaît généralement vers la fin de l'hiver. Sa stratégie consiste à disparaître naturellement avant l'été afin de préparer sa prochaine floraison

 

 

Il est donc primordial de bien identifier le climat et la nature du sol, l'exposition dont bénéficie le jardin. Ces paramètres fondamentaux permettront ensuite de diriger le choix des plantes. Les changements climatiques actuels obligent les acteurs du paysage, ainsi que les particuliers et jardiniers, de repenser la nature des aménagements qu'ils souhaitent. La nature des plantes que l'on est susceptible d'implanter dans nos jardins, change, elle aussi. Ces bouleversements n'auront de cesse de nous surprendre car ils apporteront avec eux des variétés de plantes nouvelles et encore méconnues pour notre plus grand plaisir.

Une haie de biodiversité

08/04/2021

Une haie de biodiversité

Qu’est-ce qu’une haie ?

Une haie est une structure linéaire faite de végétal plus ou moins haut (arbres, arbustes, arbrisseaux) et qui permet de délimiter un emplacement.

Historiquement, les haies furent utilisées comme moyen défensif militaire afin de forcer l’ennemi à ralentir ou à les contourner. Plus tard, la bourgeoisie se l’est appropriée comme moyen de délimiter ses propres terres.
En parallèle, les paysans mirent en place des systèmes de bocages qui leur permettait par un moyen végétal, d’implanter des haies champêtres, permettant ainsi de délimiter les surfaces tout en proposant un refuge pour la biodiversité : la haie champêtre.
De nos jours, les haies de bocages ont fortement disparues ou transformées en haies néo-bocage qui ne contiennent que peu de biodiversité. Cela est dû à la mécanisation ainsi qu’à la rationalisation de l’agriculture intensive qui ne propose désormais qu’un intérêt écologique faible. Simple barrière verte ne contenant que peu de biodiversité.

 

 

A quoi sert une haie dans un jardin ?

Une haie, dans un jardin, sert généralement à délimiter le terrain et à occulter le vis-à-vis. On dit souvent « Pour vivre heureux, vivons cachés » et c’est cette phrase que beaucoup de propriétaires souhaitent appliquer dans leurs jardins.
La haie a donc pour fonction de cacher. Les haies des jardins dans les années 70 et 80 étaient souvent choisies pour le côté fortement occultant avec des arbres résineux comme le cyprès ou le thuya. Bon nombre de ces haies commencent aujourd’hui à disparaître car l’ancienneté, la taille des parcelles et le paramètre monospécifique de ces haies ne correspondent plus aux enjeux actuels.

 

haie bocagère - biodiversité jardin

Exemple d'un paysage bocager. Les bocages, façonnés par l'homme, permettent de délimiter les parcelles agricoles en servant de relai (trame verte) pour la faune


Pourquoi une haie composée d’une seule espèce n’est pas écologiquement viable ?

Si vous souhaitez ou détenez une haie monospécifique, vous vous exposez à deux paramètres majeurs qui pourront faire que votre haie ne vive pas longtemps dans votre jardin.
D’abord, l’aspect monospécifique (1 seule espèce composant votre haie) bien qu’il vous permette de parfaitement maîtriser la hauteur et l’entretien de votre haie, sera fortement vulnérable lors d’une attaque de parasite ou de champignon. C’est la raison pour laquelle, les haies de Thuyas, foudroyées par le Phytophtora (Phytophthora cinnamomi) provoque une pourriture du collet de la plante ainsi qu’un roussissement soudain et progressif du Thuya. Incurable par des techniques phytosanitaires "saines", le champignon condamne généralement la haie en quelques années sans que le jardinier ne puisse rien y faire.
Le cyprès, souvent utilisé en haie dans les jardins, est parfois attaqué par l’araignée rouge, petit acarien provoquant un assèchement des écailles de la plante. Là encore, traiter une haie d’une moyenne ou grande ampleur, relève d’un défi titanesque que peu de jardiniers réussiront. Si le parasite est apparu une fois, il reviendra car la plante vieillit et s’affaiblit, la rendant ainsi plus vulnérable aux attaques au fil du temps.
Nous comprenons donc que si un parasite, qu’il soit champignon, acarien ou insecte, sera ravi de trouver une seule et même espèce sur son lieu d’implantation car il est sûr de pouvoir s’y reproduire facilement tant les réserves de nourriture sont immenses.

En plus de ne proposer qu’une seule espèce, vulnérable aux maladies, les haies monospécifiques sont également une réserve de biomasse peu étayée car elles ne vont abriter qu’un certain type de faune et de flore en son sein.

Il y a donc un intérêt à réfléchir et à concevoir un « plan de haie » afin de limiter les dégâts dans le futur. Quoi de plus navrant et coûteux de devoir arracher 50 mètres linéaires de haie au bout de quelques années quand on sait le temps que cela a pris à planter et à entretenir ?

 

haie monospécifique jardinHaie monospécifique dans un jardin. Même si ce type de haie garanti une bonne occultation, elle n'est pas à l'abri d'une attaque parasitaire qui aurait des conséquences phytosanitaires sur l'ensemble de la haie, composée d'une seule espèce.

 

 

Qu'est-ce qu'une haie mixte?

Une haie mixte reprend les mêmes principes d'une haie classiques tout en apportant une diversité végétale et faunistique plus riche composée d'au moins 2 espèces végétales différentes, caduques ou persistantes.

La haie mixte propose une richesse de biodiversité bien plus importante qu’une haie monospécifique car, en agrandissant le panel des plantes qu’on y installe, elle devient le refuge d’une nature qui va s’installer progressivement et s’équilibrer, limitant le risque parasitaire.
Et si quelques parasites se développent, ils n’attaqueront pas l’ensemble de votre haie car ils ne sont pas « adaptés » à tous les végétaux.
Associée à une bonne gestion de votre haie : taille raisonnée, époque, période de floraison et de nidification considérées, vous permettrez ainsi à votre haie de durer bien plus longtemps qu’une haie classique, composée d’une seule essence. Et vous profiterez d’une haie qui sera bien plus dynamique esthétiquement et écologiquement car votre œil ne s’en lassera pas. Surtout si vous y plantez des espèces caduques, aux feuillages changeants, à l’écorce remarquable.

 

oiseau jardin biodiversité

Les oiseaux sont une source de lutte biologique naturelle contre les ravageurs du jardin. Planter des haies qui puissent leur permettre de nidifier permettent donc de lutter contre certains parasites du jardin

 

 

chenille parasite jardin biodiversité

Certaines chenilles défoliatrices font des ravages sur les cultures du jardin. Leur population peut être régulée par la présence d'une faune prédatrice favorisée par une haie mixte

 

 

 

Quelles haies mixtes pour mon jardin ?


A condition de vérifier les paramètres du sol, votre climat et votre exposition, pour être sûr que votre haie se développe correctement, voici quelques exemples de haies mixtes qui peuvent être envisagées dans les jardins :

Haie « moderne » persistante :
Eleagnus x ebbingei – Photinia x fraseri ‘Red Robin’ – Pistacia lentiscus – Arbutus unedo – Ligustrum japonicum ‘Texanum’

Haie champêtre caduque :
Acer campestris – Rosa canina – Crataegus monogyna – Sorbus aucuparia – Carpinus betulus

Haie moitié persistante, moitié caduque :
Prunus lusitanica – Buddleja davidii – Eleagnus x ebbingei – Photinia x fraseri ‘Red Robin’ – Spiraea thunbergii – Abelia x grandiflora

 

 

 

Conclusion


En conclusion, nous voyons qu’il existe des moyens plus viables d’envisager une haie dans son jardin. De toute évidence, les haies monospécifiques sont vouées à disparaître car ça n’est pas un système qui fonctionne sur la durée. Les enjeux écologiques actuels, le souhait des particuliers de vouloir s’abriter du regard de ses voisins ainsi le coût que peut représenter l’arrachage et la plantation d’une nouvelle haie devraient nous inciter à davantage réfléchir à la fonction primaire de la haie : celle d’accueillir plus de biodiversité afin qu’elle puisse limiter le développement de parasites néfastes pour les plantations du jardin.

Un jardin sans arrosage

19/01/2021

Un jardin sans arrosage

Qu’est-ce qu’un jardin sans arrosage ?

Un jardin sans arrosage est un espace vert cultivé par l’Homme qui ne nécessite, une fois que les plantes sont installées, aucun arrosage artificiel. Plus besoin de passer de longues minutes (heures) au bout de votre tuyau d’arrosage à réhydrater la terre et les végétaux en profondeur. Plus besoin non plus d’un coûteux et complexe système de goutte à goutte ni même d’Oyas (en savoir plus sur les Oyas) enterrées pour pouvoir faire vivre votre jardin et notamment pour le faire tenir bon l’été quand il fait particulièrement chaud et que les pluies se font rares. Le jardin sans arrosage c’est avant tout une réflexion en amont de la plantation, au moment de la conception du jardin. Il consiste à préparer un sol relativement bien drainé, adapté aux végétaux de sols secs et drainés. Le jardin sans arrosage, en plus d’assurer la tranquillité du jardinier quand il fait chaud, lui permet aussi de bénéficier d’un entretien réduit de son jardin tout au long de l’année. Il convient pourtant de respecter certaines règles qui sont propres au jardin sans arrosage.

 

Ciste de Montpellier - plante méditerranéenne

Ciste de Montpellier - (Cistus monspeliensis) est bien adapté aux jardins sans arrosage du sud de la France

 


Pourquoi un jardin sans arrosage ?

En région méditerranéenne, les hivers sont généralement doux et les étés de plus en plus chauds et secs. La canicule de 2019 a provoqué beaucoup de pertes dans les jardins et les espaces verts en général. Certaines plantes ont été brûlées instantanément tant l’air ambiant était chaud. D’autres fragilisées, ont d’abord résisté en apparence, avant de rendre l’âme l’hiver qui a suivi. De manière générale, c’est une sélection naturelle qui s’opère. Les végétaux adaptés aux climats chauds et secs résistent tandis que les autres meurent car elles ne sont pas à leur place. Le jardin sans arrosage c’est d’abord vouloir adapter son jardin et sa palette végétale aux changements écologiques et climatiques que l’on connaît aujourd’hui. Vient ensuite, l’envie du jardinier de ne plus avoir à se soucier de l’arrosage artificiel de ses plantes tout en continuant de profiter d’un décor végétal esthétique.
Choisir un jardin sans arrosage c’est donc prendre conscience que nos ressources en eau sont limitées et qu’il n’y a aucun sens à arroser à outrance, un jardin, qui n’est pas adapté au milieu dans lequel il a été implanté. En plus d’être couteux pour l’environnement, il est généralement un calvaire pour celui qui en profite : entretien du système d’arrosage automatique, coût d’installation, prix de la consommation d’eau, temps passé à arroser manuellement. Pour quel résultat ?

 


Sauge à petites feuilles - arbuste résistant à la sécheresse
Une fleur de sauge à petites feuilles 'Hot Lips' (Salvia microphylla 'Hot Lips') butinée par une abeille.
En plus d'être résistante à la sécheresse, la flore méditerranéenne offre un panel de fleurs riche et varié attirant les insectes pollinisateurs

 


Le jardin sans arrosage : changer le regard sur le jardin en Méditerranée

Dans un jardin méditerranéen sans arrosage, il faut aussi pouvoir réviser son point de vue sur ce qu’est un jardin. Dans notre climat, le jardin adapté composé d’essences méditerranéennes va, en partie, entrer en dormance l’été. C’est la dormance estivale. Les plantes poussent moins, jaunissent, leur cycle végétatif ralenti. Le vert étincelant que l’on connaît dans les jardins romantiques anglais ou bien ce vert que l’on s’efforce à maintenir sur nos gazons traditionnels (voir l’article consacré à l’entretien du gazon tout au long de l’année) à grands coups d’arrosage n’ont plus leurs places ici. Quand vient l’été, le jardin de climat chaud et sec se dote d’une teinte ocre et dorée, argentée ou bleutée qui n’a rien à envier à ses voisins anglais. Certains feuillages persistants comme celui du pistachier lentisque (Pistacia lentiscus) résistent avec sa couleur vert bouteille. Les lavandes, les cistes et les sauges offrent tout leur potentiel florifère.  Seules les plantes les plus robustes et stratégiquement adaptées, vont continuer lentement leur croissance. Les autres, optent pour d’autres stratégies. Cycle végétatif essentiellement printanier ou automnal, disparition du système foliaire aérien à l’approche de l’été afin de se protéger, augmentation de la sécrétion de substances foliaires permettant à la plante de résister aux chaleurs intenses et au manque d’eau. Le jardin sans arrosage s’efforce de se composer d’essences relativement bien adaptées à la sécheresse. Ce sont pour la plupart, des végétaux xérophytes.

 

gazon arrosage montpellier

Turbine d'arrosage automatique

Pour être maintenu vert toute l'année, un gazon dans la région de Montpellier doit consommer 2000L d'eau par an et par m²
Pour un gazon de 200m², ce sont donc 400 mètres cube d'eau qui sont nécessaires pour sa survie tout au long de l'année



Comment réaliser un jardin sans arrosage ?

Pour réaliser un jardin sans arrosage vous devez d’abord penser sa conception. Quelles sont les zones où le jardin va pouvoir se ressemer de lui-même sans nécessiter aucun arrosage dès la plantation ? Ces zones pionnières sont souvent laissées pour compte dans les parties du jardin les moins visibles depuis la maison ; tout en surveillant qu’une catégorie de plante ne prenne pas trop le dessus sur d’autres espèces par sa rapidité de colonisation de l’espace. Ici, le jardinier se doit de garder un œil distant sur la façon dont évolue son paysage.
D’autres zones, plus proches de la maison peuvent être plantées de façon plus structurée afin de permettre une diversité végétale, un panel de formes et de couleurs plus intentionnels qui raviront le jardinier ainsi que ses convives.
Plus techniquement, le terrain doit être amélioré afin de créer un sol parfaitement drainé. Ce qui est souvent fatal pour les plantes de sols secs, ce sont les sols argileux, lourds et compacts qui retiennent l’eau en hiver. Quoi de plus paradoxal, dans le sud de la France, de perdre une plante parce qu’elle a reçu un trop plein d’eau ?
Les systèmes goutte à goutte et les arrosage manuels sont donc à proscrire si vous choisissez un jardin sans arrosage. Néanmoins, le premier été qui suit la plantation, vous devrez vous efforcer de surveiller vos plantations et de réaliser des arrosages copieux mais espacés dans le temps. Les paysagistes spécialistes des jardins sans arrosage s’accordent à dire qu’il faut suivre la règle suivante pour chaque plante nouvellement installée (plantez de préférence à l'automne) :


A partir du début de l’été, toutes les 3 semaines :
15L d’eau au début de l’été par plante
20L d’eau 3 semaines plus tard
30L d’eau à la fin de l’été


Cette technique vous permettra de forcer la plante à s’enraciner en profondeur. Il faut qu’elle puisse aller chercher l’eau en profondeur afin de se protéger du manque d’eau en surface, quand les pluies se feront rares.

Vous pouvez aussi opter pour un paillage minéral qui aura la fonction de refléter une partie du rayonnement lumineux s’il est clair (concassé calcaire blanc, marbre roulé). Les paillages minéraux foncés comme la pouzzolane ou le schiste, ardoise, fonctionnent aussi comme de bons isolants en surface tout en garantissant un bon drainage sur l’ensemble de votre sol à condition que le reste de votre terrain soit correctement drainé. De manière générale, le paillage vous permet aussi de limiter l’évaporation de l’eau présente dans le sol en plus de limiter les travaux de désherbage. Vous trouverez ici un article dédié aux paillages pour plus d’information.


Quelles plantes dans un jardin sans arrosage ?

Il existe un panel très grand de végétaux adaptés aux jardins sans arrosage. Les plus connus sont les sauges, les cistes, les lavandes, les graminées. D’autres, moins connus du grand public comme la verveine de Buenos Aires, la sauge d’Afghanistan ou encore la sauge à feuilles de lavande sont dotées d'excellentes capacités à s’adapter à la sécheresse en plus d’être faciles à cultiver et à entretenir, fleuries et bénéficiant d’un feuillage ornemental.
En plus des végétaux, pourquoi ne pas opter pour un hôtel à insectes dans votre jardin afin d'attirer de la biodiversité dans votre jardin?

 

 

Lavande à fleurs mauve

 

 La lavande s'adapte très bien en sol drainé

 Elle convient pour un jardin sans arrosage et

 favorise la pollinisation par les insectes

 

 

 

 

 

 

 

 

erigeron de karvinsky plante méditerranéenne

Erigeron de Karvinsky ou vergerette de Karvinsky (Erigeron karvinskianum)

est une petite vivace très fleurie qui pousse très bien dans des sols parfaitement drainés

 

 

sauge d'Afghanistan - perowskia atriplicifolia

La sauge d'Afghanistan ou lavande d'Afghanistan (Perowskia atriplicifolia 'Blue Spire) est une plante rustique et très florifère qui pousse dans des sols pauvres et drainés. En plus de ne nécessiter que très peu d'eau, elle est très facile à entretenir. Ses fleurs parfumées, attirent les insectes pollinisateurs

 

 


Conclusion

Le jardin sans arrosage ne peut pas convenir à tout le monde. Cependant, à condition de recréer un sol drainant là où il est lourd et compact, il peut s’adapter à toutes les situations. C’est une façon différente d’envisager nos espaces verts en imitant ce que l’on retrouve dans nos garrigues alentours et les jardins méditerranéens adaptés au climat dans lesquels ils se trouvent. Les mentalités évoluent. Allons-nous vers une prise de conscience de ce que coûte l’Homme à son environnement pour son plaisir ? Est-ce le sens que nous voulons donner à notre havre de paix ? Néanmoins, avec les enjeux climatiques actuels et la réduction des ressources en eau, le jardinier de demain n’aura plus vraiment le choix sur les végétaux qu’il peut ou non, planter dans son jardin.
Alors, pourquoi ne pas s’essayer au jardin sans arrosage ?

 

 

au fil des saisons... De la graine au jardin